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Section de Loire-Atlantique

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« Je ne regrette rien »
Il est ensuite interrogé sur sa capacité à faire valoir ses points de vue auprès des hommes politiques. « Le pouvoir politique s'investit de plus en plus dans les sujets qu'il traite, et pourtant il faut beaucoup d'investissement pour comprendre les enjeux. J'ai toujours essayé, en tant que chef d'état-major des armées, de cultiver la confiance. Ni mollesse tiède, ni autoritarisme, pour que l'adhésion l'emporte sur la contrainte ».
« Certains pays réarment de 5% par an. Nous ne sommes pas près de les rattraper ».
Interrogé sur les deux menaces globales que peuvent constituer le djihadisme international et le retour aux États - puissances (Chine, Inde, Qatar, Russie, Turquie ), il a posé « deux tournants stratégiques majeurs » : la chute du Mur et les attentats des deux tours de New York en 2001. « L'Histoire est une succession d'événements et non de ruptures brutales. L'énergie libérée suite à la chute du Mur a conduit au retour des Empires, le djihadisme est la suite de l'attentat des deux tours de New-York et même des années 1980 où se sont constituées ces cellules terroristes ».
Quand il était chef d'état-major, il recevait le matin à 8 heures un rapport sur les attaques terroristes dans le monde : « il y en avait 3 à 5 par jour, avec des véhicules piégés, des mines, des engins explosifs, des tireurs, des embuscades. C'est une idéologie nihiliste. On tue, on viole, on égorge, on décapite, tous les jours à quelques heures de vol de Paris. C'est une menace distincte mais pas totalement disjointe du retour des Empires », analyse-t-il.
Le coeur du problème est lié à un problème de vision stratégique, explique-t-il : « en Syrie, sur 20 km de côté, vous avez des soldats russes, syriens, iraniens, kurdes, turcs, américains qui ont tous pour objectif de combattre Al Quaïda ou l'État Islamique. Mais tous ont leurs stratégies sur 30 ou 50 ans. En France, la vision de long terme c'est le quinquennat. C'est un vrai sujet de préoccupation ».
Il liste d'autres zones de tension, la Mer de Chine, la « tenaille sunnite-chiite » au Proche et Moyen Orient, la situation « très tendue » en Europe de l'Est, le Maghreb, où « nous sommes revenus des printemps arabes ». Ces tensions entraînent « des phénomènes de grandes migrations incontrôlées liées à la pauvreté, à la guerre, aux désordres climatiques, bref, le dérèglement du monde est assez profond ».


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